Pour la première fois, des médecins français parviennent à greffer des trachées artificielles

Ils vivaient avec une trachéotomie, ils peuvent désormais respirer normalement. Grâce à des médecins français, plusieurs patients ont bénéficié d’une reconstruction de leur trachée à partir d’aortes.

« Les organes artificiels (…) c’est vraiment ce qui va révolutionner la médecine », a expliqué le professeur Emmanuel Martinod, de l’hôpital Avicenne de Bobigny (Assistance publique-Hôpitaux de Paris), à l’occasion de la présentation des résultats de cette prouesse au congrès de la Société américaine de pathologie thoracique, à San Diego (États-Unis).

L’équipe parisienne à l’origine de cette innovation a attendu longtemps pour présenter les résultats de ses opérations, effectuées entre 2009 et 2017. Sur 20 patients sélectionnés, atteints de cancer ou d’autres maladies, sept ont finalement bénéficié d’un traitement plus classique, sans greffe d’aorte.

L’un des patients, Éric Volery, a pu témoigner de la réussite de l’opération. Âgé de 40 ans, il a été greffé en 2011. Atteint d’une sténose trachéale qui l’étouffait, il avait subi des opérations en vain, le laissant sans autre perspective que de respirer pour le restant de ses jours avec un trou sous la gorge.

« J’étais en arrêt-maladie. Je pouvais parler seulement en mettant le doigt sur la trachée », donc en apnée, se souvient-il. « Un médecin, renommé, de l’hôpital Nord [à Marseille] m’a dit, et ça m’a marqué : ‘les amours et le travail, c’est fini Monsieur' ».

Sur les 13 autres, cinq se sont vu reconstruire une trachée, sept des bronches souches (les plus proches de la trachée), et le dernier une carène trachéale (bifurcation entre bronches gauche et droite). A chaque fois à partir d’une aorte.

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