Opération Fortitude

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’opération Fortitude (Courage en anglais) est le nom de code collectif pour des opérations de désinformation et de diversion menées par les Alliés dans le but de cacher aux Allemands que le lieu du débarquement serait la Normandie, en leur faisant croire qu’il serait effectué ailleurs (Norvège ou Pas de Calais). Une fois celui-ci lancé, de leur faire croire que ce n’est qu’un débarquement de diversion, afin de retarder l’arrivée de leurs renforts.

Fortitude est la pièce maîtresse d’un ensemble plus large d’opérations de dissimulation appelé opération Bodyguard qui visent à cacher aux Allemands l’ensemble des projets de débarquement alliés en Europe, dont ceux de Méditerranée.

Ces opérations sont planifiées et dirigées par le colonel John Henry Bevan de la London Controlling Section, située à Londres et conduite par l’état-major suprême allié (Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force ou SHAEF).

À partir de début 1944, l’imminence d’un débarquement dans le nord-ouest de l’Europe ne peut plus être cachée, à la vue de la concentration de troupes qui a commencé fin 1943. L’idée est, dans un premier temps, de cacher son lieu réel, en Normandie, en confortant un certain nombre d’hypothèses émises par le haut commandement allemand :
au nord : en faisant croire à l’hypothèse d’un débarquement en Norvège, hypothèse soutenue par Adolf Hitler et son entourage immédiat (Fortitude Nord) ;
au sud : en faisant croire qu’il aurait effectivement lieu là où il paraissait le plus vraisemblable, c’est-à-dire le Pas-de-Calais (Fortitude Sud), qui offre la distance maritime la plus courte, réduit la longueur des flux logistiques et permet de frapper au plus vite au cœur de l’Allemagne via la côte de la mer du Nord.

Dans un deuxième temps, il s’agit de faire croire le plus longtemps possible aux Allemands que le débarquement, une fois commencé, n’est qu’une diversion ou un débarquement secondaire. L’objectif est de retenir les forces allemandes dans le Nord de la France et sur les autres points du mur de l’Atlantique et, ainsi, de permettre aux Alliés de consolider leur tête de pont jusqu’à atteindre la parité, puis la supériorité numérique.

Les Alliés peuvent juger facilement l’efficacité de ces stratagèmes. Comme Ultra avait révélé le codage de la machine Enigma assez tôt, les Alliés peuvent déchiffrer quasiment en temps réel les réponses du haut commandement allemand à leurs actions.

Il est à peu près certain que les Allemands ont cru au débarquement dans le Pas-de-Calais jusqu’au redéploiement de la XVe armée allemande face aux Alliés en août 1944 et qu’ils n’abandonnent définitivement l’hypothèse qu’en septembre. Entre-temps, Hitler a pris personnellement la direction stratégique des opérations dès le complot du 20 juillet 1944 à Rastenbourg.

En tout état de cause, l’opération est décisive pour le succès du plan allié, car elle force les Allemands à garder une masse de troupes concentrées dans le Pas-de-Calais en réserve, en attente d’une attaque jugée par eux probable. Elle permet ainsi aux Alliés de maintenir, puis de consolider, leurs positions en Normandie. Elle ne permet toutefois pas une offensive décisive des Britanniques le long de la côte vers l’est comme le prévoyait le plan initial de l’opération Overlord et comme l’espérait Montgomery. Elle oblige les Américains à prendre l’initiative en direction du sud de la tête de pont, par l’opération Cobra en direction d’Avranches puis du Mans, avant de reprendre le chemin de l’Allemagne.

     

  

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